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Narration visuelle

Comment une image devient un récit

La narration visuelle ne commence pas par une histoire à raconter, mais par un regard à construire. Chez Cadrage de l'âme, elle tient en quatre gestes : l'ombre et la lumière, le lien humain, le texte et l'image, et la séquence. Chacun ouvre un chemin ; ensemble, ils composent le récit.

I — L'ombre et la lumière

L'ombre et la lumière, à part égale, construisent l'image. L'ombre révèle, encadre et trace grâce à la lumière. Elle est la réserve du visible. Une façon de s'effacer derrière le réel, de laisser l'image se substituer à sa propre présence physique. C'est dans le noir que l'image se crée au coeur de la lumière. C'est dans cette ambiguïté que la photographie met en lumière le cadre, là, où le regard se fait présence.

II — Le lien, c'est l'humain

L'Humain et ses mondes, ses représentations, ses tentations, ses sensations nourrissent le regard. Le lien, c'est aussi l'hypertexte. L'humain c'est l'âme, le cadre c'est le regard; cadrage de l'âme. L'humain c'est l'âme de Cadrage de l'âme. Sans ce regard humain pas de cadrage. L'humain c'est là où le regard se fait présence, car sans son action l'image ne serait pas sortie des laboratoires. N'oublions pas que l'image n'a pas toujours été et n'est pas toujours immédiateté.

III — Le texte et l'image

le texte souligne, soutient, complète. il interprète et vient, lui aussi, nourrir le regard. Le texte informe. Le texte ne légende pas l'image : il la contredit, la déplace, la relance. Coller un mot sur une photographie, c'est ouvrir un troisième chemin — celui que ni l'un ni l'autre n'ouvrait. C'est ainsi que le texte vient soutenir le cadre ouvert par l'humain et offre une autre lecture. Là où le regard se fait présence, il transmet à travers l'espace et le temps.

IV — La séquence dans le regard

Une image seule est une hypothèse. Trois images sont un récit et constituent une séquence. Les points de vue animent la séquence qui relate et révèle le mouvement du regard. Une séquence c'est l'addition de cadres, d'instants saisis dans le noir. C'est le regard humain sur la lame du mouvement qui découpe un temps, en points de vue fixes. La séquence c'est le début du mouvement c'est surtout une série de fixités qui bougent dans le temps.

La narration visuelle, c'est cela : une série de fixités qui bougent dans le temps, un cadre ouvert par l'humain, un texte qui relance l'image. Là où le regard se fait présence.